Ghost Negotiation/Support

Lori Hersberger

Vernissage le 16 novembre 2000
Du 17 novembre au 31 décembre 2000

« Ghost Negotiation / Support », titre de l’actuelle exposition de Lori Hersberger au CAN. Proche du rébus à première vue indécodable, le titre répond par un double scénario aux enjeux que l’artiste s’est fixés: Lors d’un pourparler où il serait question à la fois de style et de stars, tout acteur et décor seraient plongés dans un mutisme hanté par l’abondance de ses significations. On présage la crise du sujet dans une atmosphère tendue d’avant orage, n’oubliant jamais que l’éclat ne se fera que par le support, c’est-à-dire les toiles, l’installation ou le néon.

Aux murs d’une salle vide défilent trois ensembles de peinture. La première série affiche une emphase de la couleur, voire sa dramatisation. Cette couleur que Hersberger choisit fluorescente s’amorce dans les séries suivantes dans un jeu d’éclats, de traces et d’indices qui seuls nous appellent à des associations libres. Des émotions synthétiques surplombent cette salle promise à une peinture abstraite, expérimentale et clairement pulsionnelle. Devant la déroute possible des techniques utilisées, spray, dripping ou rouleau, chaque intention est doublement observée, car elle sera constamment marquée par l’autorité du hasard. Devant l’espace fulgurant du blanc, la peinture de Hersberger joue sur le risque d’un possible échec, tout comme une extase salutaire.

La deuxième partie de l’exposition se définit par la présence des objets au détriment de l’image: ballons, bottes de pailles, batterie, miroir et néon. Ce dernier « School of Bad Ideas » domine le décor d’un concert qui n’aura pas lieu. Une batterie neuve sans baguettes est placée sur un grand miroir au sol, telle une scène renvoyant à un narcissisme solitaire ou au succès du kitsch. La paille, sculpture ou non, nous invite à nous asseoir le temps d’une relecture du modèle proposé. Un jeu de reflets se met en marche entre plusieurs fractions de l’installation qui semblent vouloir préserver une unité, mais qui sans cesse s’expriment individuellement.

L’œuvre de Lori Hersberger (1964) se base sur des médias très variés, proposant ainsi des modèles distincts, appropriés à la réalité de chaque médium. Avec une installation accumulant des centaines de tapis présentée à la Biennale de Venise de 1999, il a gagné une renommée internationale. En 1998, il avait été invité au STUDIO. Le public pouvait découvrir un espace modifié et obscur présenté sous le titre « Bohemian Rhaspody no 9 »: une paroi en bois avec des guitares électriques, des scènes de western et un numéro de danse de Fred Astair.

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