Lasko

Ian Anull, John M. Armleder, Joerg Bader, Ignazio Bettua, Annelise Coste, Franscisco Da Mata, Ariane Epars, Thierry Fenz, Sylvie Fleurie, Fabien Friedrich, Michel Grillet, Lori Hersberger, Nic Hess, Lang Baumann, Renée Lévi, Olivier Mosset, Karim Noureldin, Didier Rittener, Christian Robert-Tissot, Peter Roesch, Ugo Rondinone, Daniel Ruggiero, Claude Sandoz, Sidney Stuecki, Alexia Turlin, Felice Varini, Philippe Zumstein, Etudiant(e)s ESBA: Crystel Ceresa, Hadrien Dussoix, Tami Ichino, In-Young Moon, Nicholas Leto, Patrick Tschudi

Vernissage le 15 mai 2004
Du 16 mai au 31 juillet 2004

LASKO est la première exposition d'importance consacrée au wall painting suisse contemporain. Elle est organisée par le CAN en collaboration avec l'Ecole supérieure des beaux-arts, Genève - ESBA. Elle réunira une trentaine d'artistes représentant plusieurs générations et différentes approches de la peinture murale. Beaucoup d'entre eux comptent parmi les figures de proue de l'art de notre pays.

Cette exposition soulève la question suivante: comment exposer le wall painting, qui est un mode d'expression exempt de tradition muséologique ? Le mur peint dans nos sociétés trouve son expression emblématique dans le graffiti, lequel est indéniablement solidaire d'une sociologie de même que d'une psychologie de la réaction. Dès les années 60-70, les artistes d'avant-garde trouvèrent eux aussi dans le mur une alternative à une forme d'autorité, le tableau, ce quasi-objet dépositaire d'une histoire ainsi que d'une tradition pluriséculaires. L'incertitude liée aux origines du wall painting, la variété de ses supports et des intentions qui le sous-tendent, l'anonymat souvent revendiqué de ses auteurs, font de lui un phénomène qui, contrairement à la peinture de chevalet, excède le champ de l'art.

Le terme sera conçu dans cette exposition de manière ouverte, pour désigner toute inscription de signes, de traces ou de motifs sur un mur. Il recouvre ainsi une vaste palette de médias, de la peinture acrylique au spray, en passant par l'aérographe ou la mine de plomb. Marqué, le mur s'émancipe de sa fonction architectonique pour devenir territoire. Les signes qui s'y manifestent semblent parfois plus proches du tatouage que du tableau. Ils révèlent la spécificité de leur surface d'inscription, et les artistes sont de plus en plus nombreux, d'ailleurs, à concevoir leurs oeuvres dans une relation étroite à l'architecture.

LASKO se présentera comme une "grotte à images", une caverne contemporaine. Afin que soit préservée la nature particulière des oeuvres, celles-ci seront articulées de manière non-linéaire, avec néanmoins le souci de ne pas ériger ce principe en nouvelle contrainte. Tout l'espace du CAN sera investi. Sur le modèle informatique de l'hypertexte, LASKO pourra ainsi être appréhendée comme une hyperimage, un tissu de signes dont les extensions et les échos possibles varieront selon le point de vue adopté.

Gauthier Huber
(curateur de LASKO)

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