Don't Follow Me, I'm Lost Too

at the Substitut, Berlin

Massimiliano Baldassarri, Ronald de Bloeme, Eric Emery, Lionel Ferchaud, Fred Fischer, Max Frey, Andreas Golinski, Eberhard Havekost, Lori Hersberger, Gauthier Huber, Fransisco da Mata, Gerold Miller, Adrien Missika, Kyoung-Sun Moon, ./MORFROM/., Olivier Mosset, Guillaume Pilet, Matthieu Pilloud, Till Rabus, Koka Ramishvili, Gerwald Rockenschaub, Jean-Thomas Vannotti

Opening April 17

Exhibition from April 18 to May 30 2009

Curator : Francisco da Mata

text in french only

Don’t follow me I’m lost too est une exposition sur l’impression que l’on garde de la visite d’une exposition : trop d’images, pas assez de temps, difficulté à se souvenir du nom de tel et tel artiste…Et surtout : qu’est-ce que l’on en a pensé, au juste ?

D’une certaine manière, nous vivons tous dans le 237e épisode d’un sitcom dont le scénariste, à court d’idées, passe ses journées à errer sur MySpace. Les personnages que nous sommes ont beau être vivants, ils ne peuvent plus faire le lien avec le début de l’histoire, et ne sauraient inventer tout seuls la fin.

L’art actuel est à l’image de ce que nous vivons : un jeu de reflets sans destination dont chaque œuvre essaie de capter à elle seule toute la lumière. La phrase Don’t follow me I’m lost too pourrait être prononcée aussi bien par les artistes, le public, que par l’œuvre elle-même en quête perpétuelle d’un territoire. Comme il n’y a plus de direction à suivre, tous les chemins sont-ils bons à prendre ? Un accrochage collectif sera toujours, en définitive, une collection de malentendus : une œuvre répond à une autre œuvre qui répond à une autre œuvre qui, elle, ne répond pas tout de suite : elle n’a pas compris la question.

En réunissant des plasticiens confirmés et de jeunes artistes, Don’t follow me I’m lost too mélange les positions et les vues artistiques pour proposer un polaroïd de l’art actuel. Une certaine distance est nécessaire pour suivre la voiture qui nous précède. Elle nous permet d’anticiper les virages. Mais les soubresauts de la route – le champ artistique - sont les mêmes pour tous, que l’on soit devant ou derrière, et finalement, les artistes inventent sans cesse de nouvelles trajectoires.

L’accrochage de Don’t follow me I’m lost too pourrait être tout aussi bien un décrochage – comme on quitte une route après une glissade – ou un moment de transition entre un accrochage et un décrochage. Un moment suspendu où le processus artistique lui-même prend le pas sur la vision.

Francisco Da Mata

+ texte

photos: Sully Balmassière