Cocu ou Marron

Vanessa Billy, Lupo Borgonovo, Michaela Eichwald, Marc Hurtado

Avec des concerts de Ghédalia Tazartès et de Donald Suck
+ Présentation des disques du label Wildrfid

Vernissage le 13 juin 2014 dès 18h
Exposition du 14 juin au 13 juillet 2014

Curateurs-trices: Arthur de Pury, Marie Villemin,
Martin Widmer, Marie Léa Zwahlen

Le titre de l’exposition fait référence à une pensée imagée d’Antonin Artaud, pour qui «on ne peut donner un nom aux choses sans être tout de suite cocu ou marron. » (Conférence au Vieux Colombier, 13 janvier 1947). En conséquence le poète doit tenter d’atteindre la fulgurance d’un langage propre et incorrompu. L’exposition « Cocu ou Marron » réunit des artistes engagés dans la recherche d’un langage ineffable, échappant à la pensée raisonnante. La picturalité, la matière et ses états transitoires, la lumière, les assemblages, sont chez eux des organismes actifs qui semblent négocier avec l’informe et l’inconscient. En octroyant à l’œuvre une présence forte, à l’objet un langage, les artistes poussent l’expressivité dans des zones inclassables et perturbantes, parfois aux bords du surréel. Les films, sculptures, peintures et performances des artistes invités paraissent atteindre des sphères poétiques où subjectivité et objectivité, naturel et artificiel, peuvent coïncider.

La question du surréalisme traverse toute l’exposition, tant dans les matériaux utilisés que dans les méthodes de création. En effet, les sculptures de Borgonovo, Eichwald et Billy sont souvent issues de rencontres improbables d’objets tirés du réel. Ces nouvelles combinaisons imposent au spectateur leurs grammaires obscures en même temps que leurs fortes expressivités. À ces collages d’objets, répondent les superpositions d’images dans les films de Marc Hurtado, qui accouchent comme par miracle de visions fantastiques et obsédantes.

Le soir du vernissage, les musiques incantatoires de Ghédalia Tazartès et celles plus insensées encore de Donald Suck résonneront dans les entrailles du centre d’art. Le label Genevois Wildrfid, qui a produit le disque de Donald Suck, viendra présenter ses productions dans le studio du CAN.

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photos: Anton Satus