Adán Vallecillo, Carlos Fernandez, Sergio Rojas Chaves

Artists in Residency

From November 4 to 24 2019

At the end of this residency, the fruits of the research by the three residents was discoverable in an exhibition/event, at the Studio of the CAN November 22 at 18h.

November 9 2019, 18:30

Starting November 4, we welcome Adán Vallecillo (*1977, Honduras), Carlos Fernandez (*1986, Costa Rica) and Sergio Rojas Chaves (*1992 Venezuela) in our new format for artists in residency. All three of them run REUNION, nomadic art space between Central America and central Europe.
To start this residency, we would like to invite you to join us for a drink and to see a program of videos by artists from Central America that they concocted for us.

With videos by:

  •  Pável Aguilar (Honduras)
  •  Verónica Alfaro (Costa Rica)
  •  Ingrid Cordero (Costa Rica)
  •  Lucia Madriz (Costa Rica)
  •  Sandra Monterroso (Guatemala)
  •  Hugo Ochoa (Honduras)
  •  Abigail Reyes (Salvador)



text in french only

Nature distante est une exposition qui conclut la résidence artistique de Adán Vallecillo, Carlos Fernandez et Sergio Rojas Chaves au CAN. Les trois artistes, en provenance d’Amérique centrale, ont développé durant leur séjour des recherches communes sur nos rapports à la nature.

Les trois artistes qui tiennent l’espace d’art nomade Réunion, actuellement basé à San José (Costa Rica) et à Tegucigalpa (Honduras) pointent et re-questionnent, chacun à leur manière, la distance nous séparant de notre environnement. Ce pas en arrière, propice à l’observation et à la compréhension, a donné naissance à des réflexions qui ont conduit à la réalisation d’un corpus d’œuvres réalisées au sein même de l’espace d’exposition. Ce dernier peut être ici perçu comme une analogie de l’espace accordé à la nature, confiné dans une représentation artificielle de ce à quoi il devrait ressembler.

Les peintures traduisent une volonté d’amener une attention particulière à des plantes dites indésirables. Bien que non désirées, ces espèces continuent de pousser dans les interstices des intervention humaines, le long des routes, sur les trottoirs, toujours en périphérie de notre champ de vision. Leur résilience défie notre désir de contrôler leur développement naturel. La plupart de ces espèces, en plus d’être indigènes, possèdent un potentiel nutritionnel et médicinal souvent ignoré dans notre société. Le travail de Carlos Fernandez vise à donner à ces espèces une reconnaissance picturale méritée, comme une tentative de les introduire dans notre conscience collective.

Les plantes d’intérieur esquissées sur les stores et les gravures de Sergio Rojas Chaves racontent ce phénomène ambivalent que nos sociétés contemporaines tentent de se relier à la nature, ou du moins à ce qui pourrait la représenter. Dans notre tentative d’entrer en contact avec celle-ci, nous ignorons le fait que les plantes d’intérieur sont domestiquées et nécessitent des méthodes de soins spécifiques, souvent violentes et empêchant la croissance naturelle de l’espèce. De plus, les terrariums renforcent notre besoin de contrôle en créant un micro-environnement idéalisé, qui contient et limite la croissance en privilégiant l’observation et l’esthétique.

Les pièces d’Adán Vallecillo pointent une relation quotidienne avec la nature ainsi que l’histoire coloniale qui est toujours ignorée. Il attire l’attention sur l’histoire de la production et de la consommation du chocolat par ses recherches sur l’utilisation cérémonielle du cacao dans la culture Maya. Adan souligne le contraste entre la culture du chocolat suisse et la connaissance réelle de ses méthodes de production et l’impact que sa consommation a sur les territoires où le cacao est cultivé. Utilisant un langage minimaliste, il utilise le chocolat comme vecteur pour parler de commerce équitable, d’appropriation culturelle et de mimétisme.

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photos: Sebastian Verdon / CAN