Agarra-diablo

Gina Proenza

Vernissage le 14 février 2020 dès 18h30

Réouverture de l’exposition du 27 mai au 14 juin

L’expression Agarra-diablo est utilisée pour nommer une plante tropicale dont la tige a la particularité d’être coupante et râpeuse, possédant la capacité de s’accrocher, s’agripper, relier des corps qui n’y ont pas prêté attention. Entre obstacle et protection, l’agarra-diablo devient le fil d’ariane d’une exposition construite à l’image d’une course-poursuite : des casseroles se trouvent autant liées à des langues de jaguars que des mélodies à des sols instables, produisant une accumulation de perspectives dépravées qui ne se laissent pas entièrement saisir par nos sens humanisés.

En s’appuyant sur la configuration du Darién, une région quasi infranchissable située à la jonction Nord/Sud du continent américain, l’exposition personnelle de Gina Proenza est constituée d’espaces qui se dérobent les uns aux autres. Comment traverser des lieux de transit indomptables ? Quelle direction choisir entre la piste du jaguar ou le chemin de traverse ? Peut-on encore appeler nature un écosystème biologique qui n’est plus sous l’emprise du mythe de la culture ?

Gina Proenza fait écho à l’histoire de certains acteurs souterrains de ce lieu – indigènes, pirates, narcotrafiquants, ruisseaux ou bois brûlés – pour produire des saynètes qui rythment la déambulation. La circulation des objets, des sons ou des corps y est produite par dissémination et nous fait entrer dans une boucle entêtante : est-on à la place d’un cambrioleur, à l’affût du moindre bruit? Ou d’un détective, cherchant à dénicher des pièces à convictions ?


Remerciements à Laurent Güdel, Claudine Guthmann, Andreas Hochuli, Tristan Lavoyer, Christian Jaggi, Charly Mirambeau, Anne Proenza, Carlos Proenza, Mathieu Rivier, Clarisa Ruiz, Ruben Valdez, Renato Zülli et le Chœur de Biu.

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photos: Sebastian Verdon / CAN