GALLERY NON GALLERY

Exposition personnelle

Monika Stalder

Du 11 février au 19 mars 2017

Vernissage le 10 février 2017 dès 18h30
Exposition du 11 février au 19 mars 2017

Une exposition créée pour accueillir des expérimentations sonores:

VENDREDI 10.02 / 21H
Vernissage et Slow Listening avec Dj Hobby

VENDREDI 24.02 / 21H
Live : PRICE

SAMEDI 4.03 / 21H
Live : Fredo Ignazio suivi de Sphinktersprinklers / Dj Marie

DIMANCHE 12.03 / 15H
Live : Flo Kaufmann

SAMEDI 18.03 / 18H
Finissage et Slow Listening: CAN all stars

*entrée libre*
+ Programme détaillé en fin de texte

En conséquence de travaux de rénovation du centre d’art qui ont débuté en septembre 2016 et qui dureront jusqu’en mars 2017, les expositions se dérouleront dans des locaux provisoires au Faubourg de l’Hôpital 9 à Neuchâtel. Ceux-ci se verront aussi occupés par nos bureaux pendant toute la durée du chantier. Les espaces du CAN à la rue des Moulins rouvriront en avril 2017.

Pour commencer l’année, le CAN invite Monika Stalder à présenter une exposition personnelle dans ses espaces provisoires. GALLERY NON GALLERY se déroule dans des locaux qui abritaient anciennement un dépôt de meubles. Par le titre, mais surtout par l’esprit et le concept, la jeune artiste établie à Zurich réagit au caractère fort de ces lieux, qui évoque les espaces typiques que colonisent aujourd’hui les galeries trendy dans ces locaux commerciaux désaffectés. Au CAN en transition, l’artiste propose une exposition ambiguë, entre installation plastique et dispositif sonore, qui déjoue les codes classiques de l’accrochage « galerie ».

Monika Stalder joue constamment avec les limites du domaine strict de l’art plastique, en intégrant des influences diverses, dont celles de la musique ou plus largement de la fête : deux entités qui ne sauraient se départir d’une unité presque organique avec le public et le corps. Ainsi, Monika Stalder choisit de consacrer une partie de l’espace – le sous-sol – à des expérimentations sonores, en y invitant plusieurs artistes musiciens à proposer des performances live (*voir le programme en fin de texte). L’artiste, en parallèle à son travail plastique (travail sur papier, installations, vidéos), s’investit aussi depuis longtemps dans des pratiques musicales diverses (djing, chant, performances) ; l’année passée, Monika Stalder voulait même s’y consacrer plus intensément. Elle décide alors de ne pas chercher de nouvel atelier après avoir du quitter le sien. Le fait de s’en «libérer» littéralement, devait conduire nécessairement à donner plus d’importance aux dimensions performatives, musicales et collaboratives de son travail.

Dans cet esprit transitoire, qui résonne avec le statut provisoire de l’espace du CAN à investir, l’artiste développe de nouveaux moyens. Monika Stalder ne s’était jamais confrontée à la peinture sur toile. Pour l’occasion, elle emprunte provisoirement un atelier. Libérée du format papier restreint, elle réalise une série de vastes tableaux, presque monochromes, subissant de subtiles variations géométriques. Pour une artiste qui parle d’ « écouter les œuvres », se mouvoir dans de tels courants minimalistes apparaît naturel. La plupart de ceux-ci veut renvoyer la peinture à ses moyens purs, créer une force par l’épure qui rende plus sensible à la luminance même. Car finalement, faire (et percevoir) de la musique ou de la peinture n’est toujours que question d’onde. Ces deux pratiques partagent même des propriétés physiques et un vocabulaire similaire. Ainsi, la fréquence vibratoire définit autant la couleur d’une onde lumineuse que la hauteur d’un son. Et le passage du spectre visible au spectre sonore se définit en terme de réduction (par plusieurs millions de fois de la fréquence d’une vibration) : il existe un espace ténu où voir ou entendre se confondent. D’ailleurs, les titres de ces peintures renvoient tous à une chanson, marquant explicitement la connexion. Et chacun des incalculables travaux sur papier que l’artiste a réalisés jusqu’ici, dans une même veine minimaliste, Monika les revendique aussi sous influence musicale.

Le type de peinture qu’elle utilise dans ces toiles est détourné de son usage premier destiné à la linogravure. Monika Stalder s’intéresse beaucoup aux différentes méthodes de reproduction, et cela fait sans doute écho à sa pratique sur papier construite sur de nombreux jeux de répétition. En effet, l’artiste explore les variations subtiles par la simple répétition de la même forme, le plus souvent géométrique et minimale. Par différents formats, matériaux et couleurs utilisées, mais aussi au moment effectif du trait, elle tente d’influencer légèrement les différences, de chercher où se joue le processus de transformation.

La technique de la monotypie, chère à l’artiste, figure formellement cette idée d’une reproduction/répétition qui n’est jamais totale. En effet, le trait est réalisé à l’envers d’une feuille étalée sur une plaque de verre encrée : procédé de reproduction original, même si il est possible de tirer un second tirage en négatif. Mais ce dernier sera toujours à la fois autre et même. Dans ce processus, il n’est pas vraiment possible de contrôler le « bruit » (noise), c’est-à-dire tout ce qui parasite le tracé. Là réside un autre aspect qui justifie l’intérêt de Monika Stalder pour cette technique. Dans le procédé comme dans le rendu, elle cherche toujours la tension limite entre rigueur géométrique et fluidité incontrôlable.

Dans son travail émergent toujours des jeux de correspondance et d’écho. Les différents formats des supports qu’elle choisit correspondent invariablement au rapport du standard A4. Des symétries se retrouvent partout, même dans le titre de cette exposition. Aussi, les différents espaces où elle intervient influent beaucoup sur les propositions. Au CAN, la création d’un espace destiné aux expérimentations sonores justifie tous les choix plastiques : les peintures géantes littéralement coincées entre le sol et le plafond servent à délimiter une anti-chambre musicale, et participent, avec la moquette et le molleton, à optimiser l’acoustique des lieux. La configuration du sous-sol, qui s’apparente à une cave, pourrait faire penser autant à un night club qu’à un salon de méditation new age. La colonne de néons installée au centre, seule source d’éclairage, contraint le spectateur à composer avec son ombre dans la contemplation de tableaux à la fois œuvres, parois, et corps absorbants.

Monika Stalder invite différents intervenants, avec une totale carte blanche, à investir cette singulière « cave non cave ». Aux vernissage et finissage de l’exposition, l’artiste propose d’écouter des Slow Listening, une manière de passer ses disques sans pression et sans hâte, finissant le set une fois la boîte de vinyle épuisée. Un mix non mix, qui inclut le silence pendant le changement de disque. Six artistes et musiciens réaliseront des performances live en soirée et après-midi, programmées régulièrement au cours de l’exposition.



Invité(e)s :


Vernissage
Dj HOBBY
Slow listening + Dj
Vendredi 10.02 / 21h

Hobby passe ses improbables et éclectiques vinyles de musique du Monde contemporaine. De la Colombie à New York, de Accra aux Iles Maurices, au travers des grottes du leftfield disco, des déserts du drone au paradis du présent…

PRICE
Live performance
Vendredi 24.02 / 21h

theworkofprice.tumblr.com

L’artiste zurichois Mathias Ringgenberg, développe le personnage connu sous le nom de PRICE, aussi bien au travers d’œuvres performatives que musicales. Il utilise principalement le langage de la culture pop mainstream, qui incarne selon lui le langage des phénomènes de masse, de société et de mondialisation. PRICE s’inscrit dans la tradition de la performance queer mais tend à questionner les frontières institutionnelles entre performance, art, et musique populaire, plutôt que celles seules du genre et de l’identité sexuelle. PRICE produit une œuvre tout public qui demeure très expérimentale et multi-référencée.

Fredo Ignazio suivi de Sphinktersprinklers
Live performance
Samedi 04.03 / 21h

Le plus souvent avec des moyens réduits, Fredo Ignazio construit des paysages sonores qu’il aime faire s’effondrer ensuite. A la recherche d’une musique “non musicale”, le musicien et journaliste met sa guitare et sa machine à écrire de côté ; armé d’un verre de pastis muni d’un microphone et de haut-parleurs, il effectue un vol stationnaire entre bruit et ébriété, entre rythme de boisson et boucle sans fin. Fredo Ignazio crée une performance sonore basée sur l’égarement, une tentative de dépouillement du sens musical. La performance sera suivie d’une première de Sphinktersprinklers, duo expérimental basé en grande partie sur l’improvisation.

Marie
Slow Listening + dj
Samedi 04.03 / 22h30

Marie compose un mélange de musiques éclectiques de manière extrêmement fluide, allant du pop au plus underground, puisant ses morceaux dans un large spectre d’influences. C’est probablement grâce à cette ouverture toute en précision et à son flair qu’elle parvient à réunir autant de perles dans ses playlists. Sensible à l’histoire et au contenu des morceaux, Marie réalise des sets thématiques particulièrement bien sentis.

Flo Kaufmann
Live performance
Dimanche 12.03 / 15h

soundcloud

Flo Kaufmann s’intéresse principalement à la musique électronique expérimentale, et aux installations sonores et vidéo. Dans son travail, il s’appuie sur divers systèmes technologiques, et cherche à provoquer l’altération de choses simples, qu’il parvient à complexifier. Flo Kaufmann produit des œuvres sonores très répétitives et méditatives, proches de La Monte Young. Il a récemment expérimenté l’émission de fréquences presque inaudibles, avec une observation minutieuse des réactions du corps, afin de créer des sons guérisseurs.

Finissage
Samedi 18.03 / 18h30
Slow Listening
Can all stars

Pour fêter le finissage, Monika invite l’équipe du CAN et une série d’amis à faire un Slow Listening.

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